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Répertoire des régions acadiennes du Québec

Écomusée de la Mi-Carême de Fatima

Institutions

4 chemin Ernest, Fatima
Îles-de-la-Madeleine - Îles de la Madeleine

www.tourismeilesdelamadeleine.com/mi-careme

Faisant partie intégrante de l’héritage acadien des Îles de la Madeleine, la Mi-Carême soulève depuis plusieurs années la curiosité des visiteurs qui fréquentent l’archipel.

Ouvert depuis juin 2010, cet écomusée est le fruit du travail d’une douzaine de bénévoles du comité de la Mi-Carême. Durant dix ans, ils ont déployé efforts et énergie pour développer cet endroit. C’est un lieu d’éducation et de sensibilisation pour mieux faire connaître ce volet unique et important du patrimoine vivant des Îles. La visite permet d’en apprendre davantage sur les origines de la Mi-Carême, sur la façon dont on la célèbre à Fatima et sur la place faite aux enfants dans cette fête. Une visite de l’Écomusée de la Mi-Carême, c’est une incursion au cœur d’une tradition vivante et une expérience culturelle sans pareille.

Texte rédigé ou colligé par Isabelle Cummings et le Musée acadien du Québec

Source
Écomusée de la Mi-Carême de Fatima
Écomusée 1
Écomusée 2
Écomusée 3
Écomusée 4

Lien acadien de la ville des Îles-de-la-Madeleine

Né à la fin du 19e siècle, mon grand-père, comme tous ses voisins, parle un français impeccable, venu tout droit de Port-Royal. Le message est direct, truffé d’humour et de mots marins. Il raconte la Déportation de 1755 et les multiples migrations qui suivent, comme son père les lui a racontées. Jusqu’à récemment, l’histoire des Acadiens par chez nous sent le tabac à pipe et s’écoute en 3D. Les manuels scolaires, eux, parlent des autres.

Les Îles-de-la-Madeleine sont d’abord une escale pour les navigateurs. Elles deviennent ensuite objet de convoitise, par la richesse des fonds de pêche et surtout, parce qu’on y trouve de grands troupeaux de morses. Ces Normands, Basques, Portugais, Britanniques et Bretons ne vivent pas ici : on hiberne tout au plus, dans des petits campements, chacun dans son île.

Il a fallu le Grand Dérangement pour que les premiers «Cadiens» s’installent dans l’archipel. En 1762, une vingtaine d’entre eux se font engager par un entrepreneur américain, le colonel Richard Gridley. Des Arseneau, Boudreau, Chiasson, Cormier, Desroches, Doucet, Gallant, Poirier…de l’Île Saint-Jean et du Cap Breton. Il régularise leur situation cinq ans plus tard, moyennant serment d’allégeance à la couronne d’Angleterre. Les premiers Madelinots, dont 17 Acadiens, vont obtenir le droit de rester, en signant d’un X.

Au début des années 1790, une génération plus tard, 250 autres Cadiens réfugiés à Miquelon prennent le large pour échapper à l’étau : d’un côté la flotte anglaise, de l’autre, la République française effroyable. L’abbé Jean-Baptiste Allain décide d’émigrer, accompagnés des Bourgeois, Cyr, Hébert, Leblanc, Thériault, Vigneau…Ils accostent au Havre Aubert, demandent au roi George III la permission de rester et se mêlent aux habitants, environ 150 personnes oubliées ici, des pêcheurs, réfugiés, naufragés, fuyards, survivants de ces années troubles, parlant français, anglais ou patois.

Le temps de le dire, tout ce beau monde est francisé par des mères acadiennes. Les pères ramassent dans leurs filets les airs lancinants des émigrés irlandais, les techniques de construction et le savoir-faire de nouveaux venus de la côte Est américaine ou des îles anglo-normandes. Et ils marient leurs filles. Les Madelinots peuvent se vanter même d’avoir assimilé quelques protestants !

Mon grand-père a cette formule quand on lui demande s’il est d’origine acadienne. Il répond : les «Cadiens» des Îles sont d’origine modeste.

En majorité, ils sont Acadiens d’origine, comme une appellation contrôlée, un mixage de bons fruits unis par le hasard des escales et d’un même mode de vie.


Texte rédigé ou colligé par Gabrielle Leblanc

Source

Jean-Charles Fortin et Paul Larocque, Histoire des Îles de la Madeleine. Institut québécois de recherche sur la culture.
Pauline Carbonneau, Découverte et peuplement des Iles de la Madeleine. Humanitas, 2009.



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