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Répertoire des régions acadiennes du Québec

Église de Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception

Lieux d’intérêts

17, chemin d’en Haut
Natashquan - Duplessis

Les pionniers passent les premières années de leur vie à Natashquan sans organisation paroissiale. La construction d’une chapelle débute en 1859. Le bois nécessaire à sa construction est coupé par les familles du village. En 1860, un gros navire chargé de bois fait naufrage dans les environs. Les villageois en récupèrent une quantité importante qui sert à sa construction. Elle est bénie solennellement en 1861 par le premier curé résident.

En 1884, la chapelle, devenue trop petite, est agrandie. L’église est finalement complétée en 1898. C’est à Hilaire Carbonneau et à ses descendants que l’on doit la construction, l’agrandissement et l’entretien de l’église actuelle. La forme du plafond rappelle celle d’une coque de bateau renversée. Les vitraux actuels sont dessinés par le poète Gilles Vigneault. La population locale est très fière de son église construite de toutes pièces par les mêmes artisans pionniers qui ont bâti le village. Cette église en bois est la plus ancienne de la Minganie.
Texte rédigé ou colligé par Musée acadien du Québec
Cimetière de l'Église Notre-Dame-l'Immaculée-Conception

Lien acadien de la ville de Natashquan

Les misères et injustices auxquelles sont soumis les Madelinots, au XIXe siècle, expliquent leur migration vers de nouvelles terres.

En1855, une goélette nommée La Mouche, quitte les Iles-de-la-Madeleine, ayant à son bord une douzaine d’Acadiens de Havre-Aubert, dont des Cormier, des Vigneault et des Lapierre, et accoste dans la baie de Natashquan. L’année suivante, d’autres familles, dont des Landry, des Bourgeois et des Chiasson, les rejoignent. Ils sont accueillis par le peuple Innu, habitant déjà le territoire. La vie s’organise sur des bases d’échange et de bonne cohabitation. Par la suite, d’autres viendront les retrouver, si bien qu’en 1861, l’on compte à Natashquan 115 habitants. La construction de l’église Immaculée-Conception, en 1859-1861, permet aux premiers habitants de se doter d’un lieu de culte et de rassemblement.

À cette époque, c’est un endroit des plus avantageux pour la pêche. Les gens y vivent dans l’abondance et la situation des nouveaux arrivants s’est considérablement améliorée depuis leur départ des Îles-de-la-Madeleine. En 1881, on constate que la prospérité continue à régner, car la population s’est sensiblement accrue, passant à 480 personnes. Puisque cette augmentation ne peut pas être expliquée uniquement par l'accroissement naturel, on peut vraisemblablement conclure à la continuation des mouvements migratoires.

Cependant après 1881, les mauvais rendements de la pêche et de la chasse vont provoquer un revirement de la situation. À partir de l’automne 1886, plusieurs familles s’exilent de nouveau, prennent le chemin de la Beauce et fondent le village de St-Théophile. Ils passent du métier de pêcheur à celui de cultivateur. Cet exode va entrainer une diminution de presque la moitié de la population. Lorsque la situation de la pêche sera rétablie, plusieurs familles reviendront vers Natashquan.

La vie politique prend forme avec le premier conseil municipal élu en 1907. Petit à petit, l’instruction et les outils de communication s’organisent. C’est en 1923 que le premier avion atterrit à Natashquan. Avant cette date, les gens voyagent par bateaux pour aller vers d’autres villages. L’électricité arrive progressivement dans les foyers, en 1958, après la création de la première coopérative d’électricité. La télévision rejoint la radio dans les années 70, et le prolongement de la route 138, en 1996, achève de relier Natashquan au reste du Québec.

Le souvenir des pionniers acadiens se perpétue de différentes façons:

  • La vieille école, construite en 1913, abrite une exposition sur l’œuvre de Gilles Vigneault
  • Le site patrimonial des Galets est un lieu autrefois consacré aux activités de pêche
  • Le centre d’interprétation, Le Bord du Cap, met en valeur le patrimoine du village
  • La fête de la Mi-Carême y est encore soulignée


Texte rédigé ou colligé par Bernard Landry

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