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L'Acadie est cédée à l'Angleterre.

Le Traité d'Utrecht

Ruinée par la coûteuse guerre de Succession d'Espagne (1702-1713) qui l'oppose à la Grande Alliance, la France doit céder une partie de ses colonies. C'est le Traité d'Utrecht, signé le 16 avril 1713, qui officialise le transfert du territoire acadien à la Grande-Bretagne. Les Français conservent l'Île Saint-Jean (aujourd'hui l'Île-du-Prince-Édouard), des droits sur le Cap-Breton et sur le littoral nord de Terre-Neuve.

La neutralité

Pour les colons, le traité garantit une paix relative même si la France n'abandonne pas totalement ses revendications territoriales et profite de l'imprécision des frontières. D'autres stipulations du traité octroient aux Acadiens qui choisissent de rester la liberté religieuse de manière indirecte ainsi que la possession légitime de leurs terres. En retour, les habitants s'engagent à rester neutres et à ne pas nuire à la couronne britannique, sans toutefois jurer fidélité absolue. Tolérée pour un certain temps par les autorités britanniques, cette situation pour le moins ambiguë perdure et n'empêche pas la colonie de connaître sa période la plus prospère (1730-1749).

La déportation des Acadiens.

La guerre de la Succession d'Autriche (1741-1748) ne trouble pas vraiment les Acadiens toujours décidés à faire reconnaître leurs droits. Comme le souligne Griffiths, «ironie du sort, la fin de la guerre entre la France et la Grande-Bretagne en 1748 marqua véritablement la fin de la paix pour les Acadiens.»

Jusque-là gouvernement fantôme, les autorités coloniales durcissent leur position et pressent les habitants de faire un serment d'allégeance sans réserve. Leur intransigeance résulte à la fois de la place grandissante qu'occupe la forteresse de Louisbourg et du désir de fournir de bonnes terres aux colons anglais.

En 1749, Halifax est fondée pour contrecarrer la présence française, suivie d'une expansion anglaise vers Grand-Pré, Pigiguit et Beaubassin. Pour leur part, les autorités françaises tentent d'attirer les Acadiens vers le Nouveau-Brunswick.

La situation s'envenime davantage avec l'arrivé en poste de Charles Lawrence en 1754. Le nouveau lieutenant-gouverneur se montre inflexible envers les sujets acadiens et envisage la déportation. Le 3 juillet 1755, appuyé par son conseil, Lawrence prend prétexte de la reprise de la guerre en Amérique et du refus des délégués de prêter serment pour les faire emprisonner en vue de leur déportation.

Durant les mois qui suivent, les soldats traquent et capturent des milliers de personnes, puis procèdent à l'embarquement des prisonniers à partir du 10 septembre en direction des colonies américaines.

De 1755 à 1762, 10 000 Acadiens sont déportés. Les mauvaises conditions du voyage entraînent la mort de plusieurs personnes. La situation des survivants demeure précaire. La plupart sont à la charge de l'État et ne trouvent pas un accueil favorable de la part d'une population majoritairement anti-catholique. D'autres sont embarqués en direction de l'Angleterre et de la France. Dans le premier cas, on les installe dans des entrepôts de Liverpool, Southampton, Falmouth et Bristol. Dans le second, ils sont relocalisés et reçoivent une pension. Cette mesure de la France obtient peu de succès puisque beaucoup d'Acadiens préfèrent retourner en Amérique.

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