

Les Acadiens et les autres régions du Québec
La présence des Acadiens et leur influence sur le développement du Québec sont étonnantes. Ils ont joué un rôle déterminant dans l'ouverture de nouvelles paroisses et dans l'essor économique de plusieurs régions.
Au XIXe siècle, deux grandes migrations: les réfugiés de 1755 et les déportés venant des colonies américaines après 1763. Ils s'installent principalement en Gaspésie, dans Lanaudière, en Montérégie, en Mauricie et dans le comté de Bellechasse. Tout en grossissant les rangs de villages existants, ils en fondent six surnommés Cadies ou Petites Cadies en souvenir de leur terre d'origine. Saint-Gervais de Bellechasse est l'une d'elles.
Encore au XIXe siècle, c'est l'expansion des villages et le peuplement de nouvelles régions: Bois-Francs, ÎIles-de-la-Madeleine et Côte-Nord. La progression se poursuit dans la vallée de la Matapédia et au Saguenay.
Au XXe siècle, nombreux sont les Acadiens du Nouveau-Brunswick et d'ailleurs qui viennent encore enrichir le Québec de leurs apports et talents: Antonine Maillet, Édith Butler...
Aux Îles de la Madeleine (carte disponible)
Vingt-deux Acadiens de l'Île-du-Prince-Édouard engagés en 1765 par le colonel Richard Gridley, devenu seigneur des Îles, sont les premiers à s'y établir. Venus y faire la chasse aux loups-marins et la pêche aux homards, les Boudreau, Poirier, Arseneau et Chiasson seront asservis honteusement par le système de répression mis en place par Gridley.
Partis de Saint-Pierre et Miquelon, un groupe d'Acadiens anti-révolutionnaires arrivent auxÎëles-de-la-Madeleine en 1793. Les Vigneau, Cyr, Leblanc, Hébert, Thériault et autres s'installent autour de Havre-Aubert pour tomber victimes, eux aussi, des redevances élevées exigées par le successeur de Gridley, le seigneur Isaac Coffin.
Un siècle de répressions et de disettes pousse de nombreux Acadiens madelinots à s'expatrier une fois de plus; vers la baie Saint-Georges à Terre-Neuve en 1849, sur la Côte-Nord entre 1853 et 1865, à Lac-au-Saumon dans la vallée de la Matapédia en 1896, au Saguenay en 1912-13 et finalement en Abitibi-Témiscamingue, à l'Île Népawa, en 1941-42.
Aujourd'hui...
Libérés de l'emprise des marchands et de leur isolement économique, les Madelinots, à l'instar de leurs cousins gaspésiens, s'appuient sur l'un des réseaux coopératifs les mieux structurés du pays pour progresser. En 1976, ils élisent députée, l'Acadienne Denise Leblanc, 27 ans, aussitôt nommée adjointe parlementaire aux pêches. La chanteuse Brigitte Leblanc, l'historien Frédéric Landry et le conteur Avila Leblanc sont des personnalités bien connues.
Pêche, homard, tourisme, dune, vent, agriculture de subsistance, loup-marin et autres font des Îles-de-la-Madeleine une oasis pour une société qui se retrouve dans ses traditions, son parler, sa musique et son Festival acadien.
Sur la Côte-Nord (carte disponible)
Le peuplement par les Acadiens y remonte aux années 1850. Fuyant la disette et les seigneurs exploiteurs des Îles-de-la-Madeleine, une dizaine de familles s'établissent à Kégaska de 20 à 25 à Natashquan et plus de 70 familles à Havre-Saint-Pierre et dans la grande seigneurie de Mingan. En 1872, l'Acadien Dominique Chiasson fonde Sept-Îles, devenue la capitale de la Côte-Nord.
Presque impossible, l'agriculture est remplacée par la pêche, une industrie des plus prospères dont témoigne de 1892 à 1920 le gardien de phare Placide Vigneault, important commentateur de la vie quotidienne sur la côte.
L'Île d'Anticosti fut aussi peuplée par des Acadiens qui s'établissent à l'Anse-aux-Fraises en 1873. Ils forment plus de 25% de la population lors de l'achat de l'Île par Henri Menier. Sans titres de propriété, plusieurs sont alors expulsés et repartent en errance vers la Côte-Nord. En 1893, quelques 50 familles de Natashquan et ses environs iront en Beauce pour s'établir à Saint-Théophile.
Aujourd'hui...
Terre de poésie qui a vu naître Gilles Vigneault et Roland Jomphe, la Côte-Nord constitue un îlot original de société acadienne comparable aux Îles-de-la-Madeleine et à la Gaspésie. Avec la prolongation du réseau routier, un nouvel esprit d'entreprise souffle maintenant sur les petits villages acadiens nord-côtiers.
En souvenir de leur origine et selon leurs traditions, les habitants de Havre-Saint-Pierre adoptent Cayen, Cayenne comme gentilé officiel. D'ailleurs Havre-Saint-Pierre présente l'exposition permanente Le roman des Cayens et organise un Festival acadien tous les ans.
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