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En Mauricie et dans les Bois-Francs (carte disponible)

Après la Déportation, plusieurs Acadiens prennent la route du Québec et s'installent aux alentours de Trois-Rivières et en face sur l'autre rive: Yamachiche, Bécancour, Gentilly, les Becquets, Nicolet... Ils viennent par le fleuve Saint-Laurent ou à pied, suivant des pistes le long du lac Champlain ou du fleuve Connecticut... Un exemple: en 1767, après douze ans d'exil, les frères Hébert arrivent à pied et s'y établissent.

Ils font partie des Acadiens qui fondent la Cadie appelé Sainte-Marguerite ou Godefroy et renommée Saint-Grégoire en 1802 par l'évêque de Québec. Avec ses trésors et sculptures, son église est toute empreinte de connotations acadiennes.

En 1853, trois Acadiennes et une Québécoise y fondent les Soeurs de l'Assomption de la Sainte Vierge, une congrégation vouée à l'enseignement des jeunes filles qui aura un rayonnement mondial au XXe siècle.

En 1825, l'Acadien Charles Héon sera le premier à venir s'établir dans les Bois-Francs, une région formée d'une douzaine de cantons et couverte de beaux bois durs: érable, hêtre, merisier, orme... Il sera suivi de nombreux autres qui font souche à Plessisville, Princeville, Arthabaska, Sainte-Sophie-de-Mégantic, Saint-Norbert, Warwick, Victoriaville... D'autres iront s'établir plus loin en Estrie.

Aujourd'hui...

Les Comeau, Bergeron, Doucet, Richard, Bourque, Béliveau, Hébert, Pellerin sont parmi les nombreux descendants d'Acadiens qui ont pris souche en Mauricie et dans les Bois-Francs.

L'illustre sculpteur Louis-Philippe Hébert et l'auteure Anne Hébert sont issus des lignées de Étienne, Jean-Baptiste, Joseph et Honoré Hébert, quatre frères déportés d'Acadie. L'actrice Juliette Béliveau, le sénateur Jacques Hébert, le hockeyeur Jean Béliveau, la journaliste Françoise Gaudet-Smet et tant d'autres descendent d'Acadiens venus s'installer en Mauricie et dans les Bois-Francs.

Fidèle au mode de vie de l'Acadie d'empremier, la région de Bécancour se distingue encore aujourd'hui par l'importance de son activité agricole.

Dans Lanaudière (carte disponible)

Plusieurs Acadiens réfugiés au Québec après la Déportation rejoignent les missionnaires sulpiciens dans la seigneurie de Saint-Sulpice. De ces prêtres seigneurs, ils obtiennent des conditions favorables d'établissement le long des rivières L'Assomption et Achigan et y fondent Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie en 1772.

Des six Cadies du Québec, c'est la seule à recevoir un encadrement et un soutien aussi particuliers d'une communauté religieuse. Grâce au curé Jean-Baptiste Bro, les Acadiens y viennent en grand nombre et le développement y est remarquable. Le Grand Saint-Jacques se morcelle, dès le XIXe siècle, en plusieurs nouvelles paroisses: Sainte-Marie-Salomé, Sainte-Julienne, Saint-Alexis, Saint-Liguori, L'Épiphanie, Rawdon et Crabtree.

Lanaudière verra naître en 1883 le poète Marcel Dugas et en 1835, le juge Ludger Urgel Fontaine, le premier à écrire sur la situation des Acadiens dans la province de Québec. Les Acadiennes de Lanaudière dont Marie Gaudet et Élisabeth Mireault, deviennent aussi célèbres dans tout le Canada d'alors pour la fabrication de ceintures fléchées, tout spécialement celles dites de L'Assomption et l'Acadienne.

Aujourd'hui...

La Nouvelle Acadie de Lanaudière se souvient encore... Les familles sont restées liées par les mariages. Certaines vivent toujours sur les terres ancestrales. À Saint-Jacques et à Sainte-Marie-Salomé, les gens affichent toujours un fort sentiment d'appartenance acadienne. Comme on dit, c'est «tricoté serré» tout comme une ceinture fléchée.

Plusieurs Lanaudois d'origine acadienne ont marqué récemment le Québec: l'historien François Lanoue, le directeur général du Conseil canadien de la coopération Yvan Forest, le professeur émérite en agriculture et alimentation à l'Université Laval Germain Brisson, Acadien par sa mère Clara Gaudet, et la secrétaire générale de l'Union Catholique des Femmes, Marie Dupuis, nom qui désigne le Centre de femmes de Joliette.

Depuis plus de vingt ans, les Petits Pas Jacadiens, une troupe folklorique de Saint-Jacques, fait danser et chanter, propageant au Canada et en Europe sa passion pour le patrimoine vivant et son histoire.

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© 2001-2003 Musée acadien du Québec à Bonaventure  

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