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Répertoire des régions acadiennes du Québec

Gilles Vigneault

Personnalités

Natashquan - Duplessis

Que dire de Gilles Vigneault que vous ne savez déjà? Il n’est pas toujours facile de présenter un artiste d’une telle notoriété. Le barde de la chanson québécoise est sans contredit l’un de nos plus grands poètes contemporains. Ses pairs depuis longtemps l’affirment sur toutes les tribunes. Mais Gilles Vigneault est avant tout le poète de Natashquan et de la Côte-Nord parce qu’il y est né, que ses œuvres en sont imprégnées et qu’il sait mieux que tout autre exprimer l’âme de son coin de pays.

Qui est Gilles Vigneault au-delà du fait qu’il est né à Natashquan, un petit village de la Côte-Nord, un 27 octobre 1928, d’une mère enseignante et amoureuse des Lettres, et d’un père à la fois trappeur, bûcheron, inspecteur des pêches et commissaire d’école, qui cache lui aussi un cœur de poète? Certains disent qu’il est indéfinissable, d’autres se risquent à le décrire à l’image du pays…

L’œuvre discographique et littéraire de Gilles Vigneault est imposante. À ce jour, Bernard Landry en collaboration avec le Centre d’interprétation Le Bord du Cap de Natashquan, a cumulé plus de 700 pièces le concernant : albums (microsillons/45 tours/disques compacts) livres, revues spécialisées, brochures, affiches de spectacle, etc. L’intérêt que suscite le poète se reflète dans une multitude d’études, d’articles et de reportages des plus impressionnants. Depuis 1960, il ne s’écoule guère de mois sans que Vigneault soit l’objet d’une couverture médiatique (presse écrite/radio/télévision). Au fil des ans, des centaines d’articles de presse, des dizaines de revues spécialisées, de documents audiovisuels ou de livres touchant sa carrière sont répertoriés. Sans compter les nombreux honneurs et les prix les plus prestigieux qui soulignent soit son œuvre littéraire, soit sa carrière de chansonnier.

Poète, auteur de contes et de chansons, interprète et fier descendant acadien, Gilles Vigneault est né à Natashquan. Il est le fils d’un marin pêcheur et d’une institutrice de campagne. Dans ses écrits, il décrit abondamment les gens de Natashquan.

 
Gilles Vigneault est l’auteur de plus de 40 livres. Certains sont des livres de contes, qu’il a lui-même édités en version imprimée, et parfois enregistrés et publiés en version vocale. Il est l’auteur de plus de 400 poèmes devenus, pour la plupart, des chansons qu’il a interprétées sur scène et enregistrées sur quelque 40 albums, qu’il a aussi édités. Ses premières chansons, comme La danse à Saint-Dilon et Jack Monoloy, deviennent des classiques.

Depuis les années 1960, Gilles Vigneault est devenu une véritable légende vivante en Amérique francophone. Sa notoriété s’est étendue jusqu’en Europe, notamment en France, en Suisse, au Luxembourg et en Belgique.

Vigneault est également un ardent défenseur de la langue française et de la cause souverainiste au Québec. Plusieurs personnes considèrent aujourd’hui sa chanson Gens du pays comme étant l’hymne national non officiel des Québécois. Au Québec, une adaptation de cette pièce est devenue la ritournelle que l’on chante à quelqu’un lors d’une occasion spéciale comme un anniversaire. 

 

Texte rédigé ou colligé par Bernard Landry et le Musée acadien du Québec
Gilles Vigneault généalogie
Gilles Vigneault

Lien acadien de la ville de Natashquan

Les misères et injustices auxquelles sont soumis les Madelinots, au XIXe siècle, expliquent leur migration vers de nouvelles terres.

En1855, une goélette nommée La Mouche, quitte les Iles-de-la-Madeleine, ayant à son bord une douzaine d’Acadiens de Havre-Aubert, dont des Cormier, des Vigneault et des Lapierre, et accoste dans la baie de Natashquan. L’année suivante, d’autres familles, dont des Landry, des Bourgeois et des Chiasson, les rejoignent. Ils sont accueillis par le peuple Innu, habitant déjà le territoire. La vie s’organise sur des bases d’échange et de bonne cohabitation. Par la suite, d’autres viendront les retrouver, si bien qu’en 1861, l’on compte à Natashquan 115 habitants. La construction de l’église Immaculée-Conception, en 1859-1861, permet aux premiers habitants de se doter d’un lieu de culte et de rassemblement.

À cette époque, c’est un endroit des plus avantageux pour la pêche. Les gens y vivent dans l’abondance et la situation des nouveaux arrivants s’est considérablement améliorée depuis leur départ des Îles-de-la-Madeleine. En 1881, on constate que la prospérité continue à régner, car la population s’est sensiblement accrue, passant à 480 personnes. Puisque cette augmentation ne peut pas être expliquée uniquement par l'accroissement naturel, on peut vraisemblablement conclure à la continuation des mouvements migratoires.

Cependant après 1881, les mauvais rendements de la pêche et de la chasse vont provoquer un revirement de la situation. À partir de l’automne 1886, plusieurs familles s’exilent de nouveau, prennent le chemin de la Beauce et fondent le village de St-Théophile. Ils passent du métier de pêcheur à celui de cultivateur. Cet exode va entrainer une diminution de presque la moitié de la population. Lorsque la situation de la pêche sera rétablie, plusieurs familles reviendront vers Natashquan.

La vie politique prend forme avec le premier conseil municipal élu en 1907. Petit à petit, l’instruction et les outils de communication s’organisent. C’est en 1923 que le premier avion atterrit à Natashquan. Avant cette date, les gens voyagent par bateaux pour aller vers d’autres villages. L’électricité arrive progressivement dans les foyers, en 1958, après la création de la première coopérative d’électricité. La télévision rejoint la radio dans les années 70, et le prolongement de la route 138, en 1996, achève de relier Natashquan au reste du Québec.

Le souvenir des pionniers acadiens se perpétue de différentes façons:

  • La vieille école, construite en 1913, abrite une exposition sur l’œuvre de Gilles Vigneault
  • Le site patrimonial des Galets est un lieu autrefois consacré aux activités de pêche
  • Le centre d’interprétation, Le Bord du Cap, met en valeur le patrimoine du village
  • La fête de la Mi-Carême y est encore soulignée


Texte rédigé ou colligé par Bernard Landry

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