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Implantation acadienne au Québec

Et ils arrivent au Québec..., Tournée des régions: Gaspésie,  Îles de la Madeleine, Côte-Nord, Chaudière-Appalaches, Bas-Saint-Laurent, Québec, Mauricie, Centre du Québec, Lanaudière, Saguenay-Lac-St-Jean, Montérégie, Montréal.  

 

Et ils arrivent au Québec… 

Dès le début de la déportation, nombre d’Acadiens s’orientent vers le Québec — territoire français à ce moment — où on leur concède des terres. On estime que de 2 000 à 4 000 personnes s’y établissent. Ils se situent un peu partout sur le territoire québécois, puisqu’ils sont mentionnés, entre 1755 et 1775, dans 96 des 120 paroisses qui existent à l’époque. (1)

L’installation en terre québécoise se déroule de façon plutôt continue, mais on distingue tout de même deux grandes vagues d’immigration. La première, entre 1756 et 1759, est constituée de réfugiés qui ont réussi à échapper aux déportations massives de 1755. La deuxième, composée surtout de déportés revenus des colonies américaines, se fait après le traité de Paris de 1763. Avec ce traité, l’Empire français en Amérique est définitivement démantelé. Seules les îles Saint-Pierre-et-Miquelon restent françaises. En 1765, le gouverneur de la province de Québec, James Murray, offre des terres aux immigrants pour relancer l’économie affaiblie par la guerre. Informés de cette offre, des Acadiens du Massachusetts demandent à revenir au Canada. Murray accepte en stipulant qu’ils doivent le faire à leurs frais et prêter un serment d’allégeance à la Couronne britannique.

Les Acadiens venus au Québec s’installent principalement dans les régions de Chaudière-Appalaches et du Centre-du-Québec, en Gaspésie, en Montérégie, en Mauricie et dans Lanaudière. Tout en grossissant les rangs de villages existants, ils en fondent six nouveaux, surnommés « Cadies » ou « petites Cadies », en souvenir de leur terre natale : Saint-Gervais-de-Bellechasse (1756), Bonaventure (1760), Tracadièche (1766), Saint-Jacques (1766), Saint-Grégoire-de-Nicolet (1767) et L’Acadie (1768).

Les 19e et 20e siècles voient l’expansion des villages et le peuplement de nouvelles régions. L’implantation des Acadiens s’effectue de façon différente : certains s’intègrent à la population locale, tandis que d’autres font figure de pionniers. Les Acadiens sont de fervents catholiques qui se sont battus pour conserver le droit de pratiquer leur religion en Acadie. Ainsi, dès leur installation dans un nouvel endroit, une de leurs préoccupations est la construction d’un lieu de culte. Toute la communauté se mobilise, que ce soit par le don du terrain ou des matériaux, pour la construction et l’entretien de son église.

Les Acadiens d’aujourd’hui

Selon une étude réalisée en 2008, la moitié des Québécois d’ascendance canadienne-française, soit environ trois millions d’individus, ont au moins un ancêtre d’origine acadienne. (2) À ce titre, il n’est donc pas étonnant de retrouver au Québec autant de patronymes acadiens, sans parler d’une multitude de noms de lieux ou de rues qui rappellent l’Acadie et son histoire.

(1) John A. Dickinson, « Les réfugiés acadiens au Canada, 1755-1775 », Études canadiennes, 1994, p. 51-61.

(2) Josée Bergeron, Hélène Vézina, Louis Houde et Marc Tremblay, « La contribution des Acadiens au peuplement des régions du Québec », Cahiers québécois de démographie, vol. 37, no 1, 2008, p. 181-204. 

 

Tournée des régions

  • Gaspésie
 

Le premier groupe d’arrivants acadiens en Gaspésie fuit la déportation et trouve refuge, en 1758, à l’embouchure de la rivière Ristigouche. Ce sont environ 1 000 personnes qui se regroupent près du poste français fortifié de Petite-Rochelle. Après la destruction de cet établissement par les Anglais à l’été 1760, plusieurs partent vers Québec, tandis que d’autres s’installent définitivement dans la région. 

Une douzaine de familles fondent Bonaventure en 1760. Elles choisissent probablement cet endroit en raison de la rivière qui forme un havre naturel parfaitement protégé pour se dissimuler en cas d’attaque anglaise. En 1766, un groupe ayant Charles Dugas à sa tête part de Bonaventure et fonde Tracadièche (Carleton-sur-Mer). En 1774, 81 Acadiens exilés en France arrivent en Gaspésie sur les navires de Charles Robin. Ils sont recrutés par ce marchand jersiais pour ses pêcheries de Paspébiac. Plusieurs autres villages accueillent des Acadiens dans la Baie-des-Chaleurs, entre autres, Nouvelle, Saint-Omer, New Richmond, Caplan, Saint-Siméon, Saint-Alphonse et Saint-Elzéar. Aujourd’hui, ils forment près de 70 % de la population. Attirés par les terres de la vallée de la Matapédia que leur offre la politique de colonisation du Québec, des Acadiens de l’Île-du-Prince-Édouard fondent, en 1870, le village de Saint-Alexis-de-Matapédia. Un autre groupe des Îles de la Madeleine s’établit à Lac-au-Saumon à partir de 1896.

Nous retrouvons en grand nombre dans la région des Alain, Arsenault, Babin, Bernard, Berthelot, Boudreau, Bourg, Bujold, Cyr, Comeau, Dugas, Gallant,Gauthier, Henry, Landry, Leblanc, Poirier et Turbide.

 

  • Îles de la Madeleine

 

Vingt-deux Acadiens de l’Isle Saint-Jean (Île-du-Prince-Édouard) engagés vers 1761 par Richard Gridley, un colonel bostonnais qui reçoit un permis de pêche et de chasse aux phoques pour services rendus à la Couronne britannique, sont les premiers à s’établir aux Îles de la Madeleine.

Au début des années 1790, 250 autres Acadiens réfugiés aux îles Saint-Pierre-et-Miquelon prennent le large vers les Îles de la Madeleine sous la gouverne de l’abbé Jean-Baptiste Allain.

Les Îles de la Madeleine sont d’abord annexées à Terre-Neuve, en 1763, avant de passer sous la juridiction du Québec, en 1774, par l’Acte de Québec. En 1798, Isaac Coffin en obtient la concession et oblige les insulaires à payer des rentes pour occuper les terres qu’ils ont défrichées et qu’ils occupent depuis de nombreuses années. À cette domination féodale s’ajoute celle des marchands sur les pêcheurs. Ces misères et ces injustices expliquent la migration continuelle de ces Acadiens vers de nouvelles terres. Une fois de plus, ils s’expatrient vers la baie Saint-Georges à Terre-Neuve, sur la Côte-Nord, à Lac-au-Saumon dans la vallée de la Matapédia, au Saguenay et, finalement, en Abitibi-Témiscamingue, à L’Île-Népawa.

Aujourd’hui, les Madelinots d’origine acadienne forment près de 86% de la population. Nous retrouvons en grand nombre des Arseneau, Boudreau, Gaudet, Poirier, Bourgeois, Petitpas, Cormier, Richard, Cyr, Hébert et Vigneau.

 

  • Côte-Nord

 

Au début des années 1840, des armateurs jersiais engagent des Acadiens madelinots pour aller pêcher sur la Côte-Nord. L’installation permanente de ceux-ci remonte aux années 1850. Des familles s’établissent à Kegaska, à Natashquan et à Pointe-aux-Esquimaux (Havre-Saint-Pierre), et d’autres à Rivière-au-Tonnerre et dans la grande seigneurie de Mingan. Les gens y vivent dans l’abondance, et les conditions des nouveaux arrivants s’améliorent considérablement. Natashquan, entre autres, devient l’un des centres de pêche les plus actifs de la Côte-Nord.

L’île d’Anticosti, pour sa part, est peuplée en 1873 par des Acadiens qui s’établissent à L’Anse-aux-Fraises. Ils forment plus de 25 % de la population au moment de l’achat de l’île par Henri Menier en 1895. Sans titres de propriété, plusieurs sont expulsés et repartent vers d’autres lieux.

Après 1881, les mauvais rendements de la pêche et de la chasse provoquent un revirement de situation. Une quarantaine de familles de Natashquan et des environs partent et s’installent en 1886 à Saint-Théophile, dans la région Chaudière-Appalaches.

Signe de l’histoire acadienne, les habitants de Havre-Saint-Pierre adoptent le terme Cayen comme gentilé officiel. Le toponyme de la ville de Baie-Comeau, pour sa part, est lié à la famille de Napoléon-Alexandre Comeau.

Des familles pionnières originaires des Îles de la Madeleine, nous retrouvons encore aujourd’hui des Bourgeois, Chevarie, Chiasson, Cormier, Deraspe, Landry, Lapierre et Vigneault.

 

  • Chaudière-Appalaches

La plupart des premiers Acadiens de la région sont des réfugiés de l’Isle Saint- Jean passés par Québec. En 1756, le sieur Michel-Jean Péan, seigneur de Livaudière, concède des terres à des familles. Certaines s’établissent à Saint-Charles-de-Bellechasse, et tout particulièrement dans le rang de l’Hêtrière. D’autres s’installent dans les deux premières concessions de Saint-Gervais : le 1er Rang et le 2e Rang. Cet endroit se nomme la Nouvelle-Cadie jusqu’à l’ouverture de la paroisse Saints-Gervais-et-Protais, en 1780. Jusqu’à 70 familles acadiennes comprenant plus de 500 personnes y sont recensées dans les vingt-cinq premières années d’existence de cette paroisse. Par contre, le seigneur de Livaudière est accusé d’exploiter ses censitaires. Nombre d’entre eux quittent Saint-Gervais pour aller s’établir ailleurs.

L’abbé François Boutin, vicaire de Saint-Georges de Beauce, est chargé de 11 missions de la Côte-Nord. Il est responsable de l’installation de plusieurs Acadiens de la Côte-Nord à Saint-Théophile, paroisse qu’ils fondent en 1886. Ces derniers passent de pêcheurs à cultivateurs. Cependant, peu d’entre eux demeurent dans cette localité, qui est plutôt un lieu de passage.

Plusieurs autres villages accueillent des Acadiens en Chaudière-Appalaches, soit Lotbinière, Leclercville, Sainte-Croix, Saint-Joseph-de-Beauce, Beaumont, Saint-Vallier et Saint-Michel.

Aujourd’hui, plusieurs familles issues des pionniers résident toujours dans la région. Nous y trouvons encore des Arsenault, Bourque, Cyr, Comeau, Doiron, Hébert, Lapierre, Poirier et Trahan.

 

  • Bas-Saint-Laurent

Cette région est un lieu important de passage pour les familles acadiennes lors de leur fuite vers le Québec. Elles suivent la rivière Saint-Jean et le sentier du Portage dans le Témiscouata. À l’époque, ce sentier constitue la seule voie terrestre entre l’Acadie et la Nouvelle-France.

Après avoir échappé à la déportation, un premier groupe d’Acadiens arrive à Cacouna en 1758. Quelques-uns restent dans la région, tandis que d’autres repartent le printemps suivant pour le Centre-du-Québec. Un deuxième groupe, dirigé par Michel Saindon, notaire et arpenteur, prend le même chemin et arrive en 1763 à Cacouna. Plusieurs familles s’installent un peu partout dans la région, notamment à Kamouraska, à Saint-Jean-Port-Joli, à Trois-Pistoles et à Rivière-Ouelle.

Des familles pionnières encore présentes aujourd’hui, nous retrouvons des Albert, Landry, Martin, Richard, Saindon et Thériault.

 

  • Québec

La ville de Québec constitue une plaque tournante pour les Acadiens. De 1756 à 1759, quelque 2 000 déportés s’y réfugient. La situation de Québec est toutefois critique : la ville est surpeuplée, les vivres manquent et la famine menace. Malheu­reusement, la maladie frappe, et plus de 300 d’entre eux décèdent de la variole.

L’histoire d’un premier groupe qui arrive à bord du navire Pembroke est intéressante. En décembre 1755, ce navire quitte Annapolis Royal avec 232 déportés à son bord à destination de la Caroline du Nord. À la suite d’une mutinerie, ils prennent le contrôle du navire. Ils atteignent la rivière Saint‑Jean en janvier 1756 et passent l’hiver au village de Sainte-Anne-des-Pays-Bas (Frédéricton, Nouveau-Brunswick). Certains atteignent Québec en 1757.

En 1759, les Britanniques bombardent Québec, et la population est évacuée. Une partie des Acadiens se réfugie dans la campagne environnante : Belle­chasse, Beauce, Lotbinière, Charlevoix et Portneuf. Plusieurs combattent aux côtés des Français durant la bataille des Plaines d’Abraham en 1759 et celle de Sainte-Foy en 1760.

Avec la politique du gouverneur James Murray, deux groupes de déportés en provenance du Massachusetts arrivent en 1766, mais la majorité d’entre eux quitte Québec vers d’autres régions. Entre 1769 et 1770, ils représentent moins de 6 % de la population. Cette proportion reste sensiblement la même jusqu’aux années 1810.

Au début du 20e siècle, des Acadiens des Maritimes, de la Gaspésie et des Îles de la Madeleine s’installent à Québec. Limoilou devient le principal quartier acadien. À partir de 1918, un secteur de Beauport prend même le nom de Petit Village des Acadiens.

 

  • Mauricie 

 

Après la prise de Québec par les Anglais en 1759, plusieurs Acadiens prennent la route et s’installent dans la région de Trois-Rivières où les conditions de vie sont meilleures.

Vers 1760, à Pointe-du-Lac, 11 familles s’établissent dans la seigneurie de Tonnancour. Après le traité de 1763, d’autres arrivent des colonies américaines.

En 1767, à Yamachiche, une quarantaine de familles arrivent d’un exil de 12 ans au Massachusetts et s’installent dans des concessions de la seigneurie de Gros‑Bois qu’ils nomment Grande-Acadie et Petite-Acadie. Une artère importante reliant Yamachiche à trois autres municipalités se nomme aujourd’hui le chemin des Acadiens; elle témoigne de l’arrivée massive des Acadiens à cet endroit.

D’autres s’établissent dans des paroisses existantes comme La Pérade, Batiscan, Champlain, Cap-de-la-Madeleine, Louiseville et Maskinongé. Au fil des ans, certaines familles s’implantent dans les environs, comme celle des ancêtres du conteur Fred Pellerin de Saint-Élie-de-Caxton.

Des familles pionnières encore présentes aujourd’hui, nous retrouvons, entre autres, des Aucoin, Bastarache, Comeau, Doucet, Garceau, Landry, Lebrun, Leblanc, Lord, Melançon, Pellerin, Trahan et Thibodeau.

 

  • Centre du Québec


Le premier groupe d’Acadiens qui arrive dans la région en 1758 est composé de familles provenant de Québec. L’abbé Le Guerne les installe dans la seigneurie de Bécancour, au sud du lac Saint-Paul. Ce secteur, nommé Bois des Acadiens ou Village des Acadiens, est desservi par la paroisse de Nicolet.

Un deuxième groupe, sous la direction de Michel Bergeron, arrive dans la seigneurie Godefroy. Les membres de ce groupe fuient Sainte-Anne-des- Pays-Bas (Frédéricton) après que les Britanniques en ont pris possession en 1758‑1759. Ils remontent la rivière Saint-Jean vers Cacouna pour aboutir à Bécancour.

Le troisième groupe d’arrivants qui débarquent à partir de 1767 est celui des déportés de retour des colonies américaines; ils développent la seigneurie de Roquetaillade. On retrouve d’ailleurs, dans les registres paroissiaux de la région, plusieurs réhabilitations de baptêmes et de mariages contractés durant la déportation qui sont officialisés par l’Église catholique.

Dès 1787, ces trois groupes réclament un territoire bien à eux qu’ils désignent déjà sous le toponyme Sainte-Marguerite ou Godefroy. Ils obtiennent gain de cause en 1802. Le clergé le nomme d’office Saint-Grégoire-le-Grand. Une liste publiée en 1803 fait état de 303 familles, en majorité d’origine acadienne, soit une population de 1 500 personnes environ. Depuis 1965, cette paroisse fait partie intégrante de la ville de Bécancour. D’autres Acadiens s’implantent également à Saint-Pierre-les-Becquets et à Gentilly.

Aujourd’hui, Bécancour affiche fièrement ses origines acadiennes avec une chaise géante peinte aux couleurs de l’Acadie et un immense drapeau acadien hissé au haut d’un mât de 100 pieds.

Des familles pionnières, nous retrouvons encore aujourd’hui des Béliveau, Bergeron, Champagne, Cormier, Désilets, Doucet, Hébert, Landry, Leblanc, Pellerin et Richard.

 

  • Lanaudière


Dans les années 1760 et 1770, Lanaudière accueille de nombreuses familles. Les unes arrivent directement d’Acadie, tandis que d’autres reviennent d’exil du Massachusetts, du Connecticut ou de la France. Les Acadiens sont accueillis dans la seigneurie de Saint-Sulpice, plus précisément à L’Assomption. Les prêtres-seigneurs leur offrent des conditions favorables d’établissement, notamment en leur fournissant des instruments aratoires, des animaux, des aliments et des terres le long des rivières L’Assomption et de l’Achigan. Spontanément, les réfugiés nomment cet endroit Nouvelle-Acadie. Après leur retour d’exil, plusieurs mariages de même que des baptêmes sont revalidés à L’Assomption, comme en font foi les registres de cette paroisse.

Ces Acadiens fondent Saint-Jacques-de-la-Nouvelle-Acadie en 1772. Dès le 19e siècle, ce lieu se morcelle en quatre paroisses. Ainsi se développent Saint- Jacques, Saint-Alexis, Saint-Liguori et Sainte-Marie-Salomé, un secteur de Lanaudière qu’on se plaît encore à nommer la Nouvelle-Acadie. Sainte-Marie- Salomé compte d’ailleurs le plus fort pourcentage de personnes d’ascendance acadienne de la région, celui-ci étant estimé à plus de 70 %.

Le symbole régional de Lanaudière fait référence à la ceinture fléchée traditionnelle dite de L’Assomption, ceinture dont la confection fait la réputation de nombreuses tisserandes acadiennes.

Des familles pionnières encore présentes aujourd’hui, nous retrouvons, entre autres, les Bourgeois, Brault, Dugas, Dupuis, Forest, Gaudet, Granger, Lanoue, Landry, Leblanc, Lord, Martin, Melançon, Mireault (Amirault), Richard et Thibodeau.

 

  • Saguenay-Lac-Saint-Jean  

L’arrivée des Acadiens dans cette région débute avec les efforts de colonisation de nouveaux territoires.

Dès 1838, le premier îlot de peuplement permanent au Saguenay est développé par la Société des Vingt-et-Un dont Pierre Boudreault, un Acadien, fait partie. 

En 1849, un groupe de pionniers d’origine acadienne part de Kamouraska sous la direction de leur curé, l’abbé Nicolas-Tolentin Hébert, pour une première expédition. C’est finalement en 1851 qu’un groupe de colons s’installe et fonde Hébertville, berceau du Lac-Saint-Jean. Ils construisent deux moulins absolument nécessaires à la survie de la colonie : un moulin à scie pour préparer le bois et construire des maisons, et un moulin à farine. Une petite chapelle est aussi bâtie la même année.

Au début du 20e siècle, d’autres Acadiens en provenance des Îles de la Madeleine, de la Gaspésie et de la Côte-Nord, attirés par le développement de l’industrie du papier et le démarrage des alumineries, viennent s’établir en grand nombre au Saguenay, particulièrement à Jonquière. En 1927, 223 familles acadiennes sont recensées à Kénogami (Jonquière), totalisant environ 5 600 personnes, soit 16 % de la population totale. En 1955, ils sont plus de 12 000 dans la région.

Les descendants de ces pionniers y sont encore nombreux. Nous retrouvons des Bergeron, Boudreau, Bourgeois, Cormier, Chiasson, Hébert, Lapierre, Leblanc, Richard, Turbide et Vigneault.

 

  • Montérégie

 

Dès 1757, la région accueille quelques Acadiens de retour d’exil, mais c’est après le traité de 1763 qu’ils arrivent en plus grand nombre. Venant de la Nouvelle- Angleterre à pied en passant par le lac Champlain, un groupe se réfugie près du fort Saint-Jean et, en 1768, fonde la paroisse de L’Acadie (Saint-Jean-sur- Richelieu) sur les bords de la rivière Montréal, rebaptisée elle aussi L’Acadie. La grande fertilité du sol leur permet de prospérer rapidement. Ils sont également à l’origine des paroisses de Saint-Luc, de Napierville, de Saint-Jacques-le- Mineur et de Saint-Blaise.

Des familles pionnières, nous retrouvons encore aujourd’hui des Bergeron, Boudreau, Cyr, Hébert, Leblanc, Poirier et Richard.

À Saint-Denis, une quinzaine de familles s’établissent à partir de 1767 dans le rang nommé Petite-Acadie; en 1770, on en compte déjà 160. À Saint-Antoine, un rang dédié aux Acadiens est nommé l’Acadie. D’autres familles s’établissent à Saint-Ours, à Saint-Charles, à Saint-Marc et à Saint-Roch.

Simon Thibodeau et Louis Robichaud, deux Acadiens déportés à Philadelphie et devenus maîtres potiers, développent à Saint-Denis, à partir de 1776, une industrie céramique importante qui sera prospère durant plus d’un siècle.

De nombreux descendants d’Acadiens participent activement aux luttes des patriotes de 1837 et de 1838, notamment les Blanchard, Boudreau, Bourdages, Cormier, Girouard, Hébert et Migneault.

 

  • Montréal

La ville de Montréal reçoit des Acadiens de façon continue dès les lendemains de la déportation. Le plus souvent, il s’agit d’individus plutôt que de familles et de groupes. Le dénombrement de 1781 indique qu’environ 10 % des 18 000 habitants sont d’origine acadienne. Durant tout le 19e siècle, de nombreux Acadiens venant de toutes les régions du Québec affluent à Montréal pour travailler dans les usines ou établir des commerces, notamment Nazaire Dupuis qui, en 1868, fonde le grand magasin Dupuis Frères.

Au début du 20e siècle, un autre fait marquant est la fondation, à Verdun, de la paroisse Notre-Dame-des-Sept-Douleurs par le curé Joseph-Arsène Richard. En 2005, le conseil municipal de Montréal adopte une motion commémorant le 250e anniversaire du Grand Dérangement des Acadiens et le rôle joué par la diaspora acadienne dans l’édification de la métropole québécoise depuis plus de deux siècles.

Les Montréalais d’origine acadienne sont aujourd’hui plus de 200 000, dont plusieurs sont actifs dans des associations vouées au fait acadien.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bibliographie

Bilodeau, Rosario et al., Histoire des Canada, Montréal, Hurtubise HMH, 1978 (c1971), 676 pages.Crevel, Jacques et Maryvonne, Honghuedo ou l'histoire des premiers Gaspésiens, Québec, Éditions Garneau, 1970.Cyr, Louise, « L'implantation acadienne en Gaspésie », revue Gaspésie (Juin 1992), vol. XXX, numéro 2, p. 7-9.Daigle, Jean et al., L'Acadie des Maritimes, Moncton, Presses de l'Université de Moncton, 1993, « Chaire d'études acadiennes », 891 pages.Desjardins, Marc et al., Histoire de la Gaspésie, Québec, PUL, 1999 (c1981), coll: « Les régions du Québec », 796 pages.Griffiths, N.E.S., « Les Acadiens », Dictionnaire biographique du Canada, vol. IV., de 1771 à 1880, PUL., 1980, p. xvii-xxxiii.Linteau, Paul-André (dir), Histoire générale du Canada, Québec, Boréales, 1990 (c1987).Pitre, Marie-Claire, La déportation des Acadiens, Ottawa, Environnement Canada, 1986, 14 pages.

Liens utiles. Pour en savoir davantage, nous vous référons aux associations et organismes suivants :Musées et institutions éducativesAssociation histoire de chez nous. http://www.ahcn.ca/menu-f.htmCentre d'études acadiennes de l'U. de Moncton :http://www.umoncton.ca/etudeacadiennes/centre/cea.htmlChaire d'études acadiennes de l'U. de Moncton :http://www.umoncton.ca/udem/larecherche/Recherche/Chaires.htmlGen Web site (anglais) : http://www.geocities.com/Heartland/Acres/2162/Grand Dérangement : http://www.grandderangement.com/GRHESUM; fenêtre virtuelle sur l'histoire acadienne : http://www.cuslm.ca/~clio/fenetre/Centre acadien de l'Université Sainte-Anne, N.-É. : http://centreacadien.usainteanne.ca/index_2.htmMusée acadien de l'Île-du-Prince-Édouard : http://www.teleco.org/museeacadien/Musée acadien de Pubnico-Ouest : http://www.museeacadien.ca/french/musee/index.htmMusée acadien de l'Université de Moncton : http://www2.umoncton.ca/cfdocs/etudacad/maum/accueil.cfmSigogne et l'Acadie : http://personnel.usainteanne.ca/sigogne/AutresAction cadienne : http://www.actioncadienne.org/Amitiés acadiennes : http://www.lesamitiesacadiennes.org/publi.phpAssociation canadienne d'éducation de langue française : http://www.acelf.ca/Évangéline sur Internet : http://www.umoncton.ca/EVANGELINE/index.htmlFédération acadienne du Québec : http://www.federationacadienneduquebec.org/Fédération de la jeunesse canadienne-française : http://www.fjcf.ca/home/index_f.aspFédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA): http://www.fcfa.ca/home/index.cfmFédération des francophones de la C.-B.(FFCB): http://www.ffcb.bc.ca/Fédération des francophones de T.-N. et du Labrador : http://www.francotnl.ca/Fédération des jeunes francophones du N.-B. : http://www.fjfnb.nb.ca/Franco.ca : http://www.franco.ca/FrancAlta (réseau internet communautaire) : http://www.francalta.ab.ca/France-Louisiane, franco-américaine (FLFA) : http://flfa.free.fr/webflfaf.htmlFrancoculture : http://francoculture.ca/Jeunesse acadienne de l'Île-du-Prince-Édouard (13/25 ans): http://www.jeunesseacadienne.org/accueil.cfmau bout des doigts : http://www.cyberacadie.com/La zone culturelle de la Gaspésie : http://www.zonegaspesie.qc.ca/Le conseil pour le développement du français en Louisiane (CODOFIL) : http://www.codofil.orgLe Festival acadien de Caraquet : http://www.festivalacadien.ca/Le Festival international de Louisiane : http://www.festivalinternational.com/L'Exposition agricole et le Festival acadien : http://www.expositionfestival.com/Société acadienne de l'Alberta : http://www.acadici.org/Société des Acadiens et Acadiennes du N.-B. (SAANB) : http://www.saanb.org/Société nationale de l'Acadie : http://www.snacadie.org/Société Saint-Thomas-d'Aquin (Î.-d.-P.-É.) : http://www.ssta.org/