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Répertoire des régions acadiennes du Québec

L’abbé Charles-Nazaire Boudreau

Personnalités

Îles-de-la-Madeleine - Îles de la Madeleine

L’abbé Charles-Nazaire Boudreau est le premier prêtre acadien né aux Îles de la Madeleine. Après ses études classiques au Séminaire de Sainte-Thérése et de théologie au Grand Séminaire de Montréal, il est ordonné prêtre en 1848. Un an plus tard, il revient aux Îles et prend la tête de la paroisse Notre-Dame-de-la-Visitation, qu’il dirige jusqu’en 1888.
L’abbé Boudreau fait construire le premier sanctuaire à Bassin et une magnifique église
en bois à Havre-Aubert. Il est aussi le maître d’œuvre d’un couvent construit à Havre-Aubert (1876) dans le but de former des institutrices, mais les religieuses vont plutôt s’établir à Havre-aux-Maisons. Le couvent sert de presbytère jusqu’à sa démolition en 1983. Il ouvre une école à L’Étang-du-Nord et une autre à Saint-Pierre-de-La Vernière. 
Il paie les études de plusieurs jeunes, et lui-même donne des cours du soir. Voulant améliorer la vie de ses paroissiens, il soutient leurs revendications pour qu’ils puissent devenir propriétaires de leurs terres. En 1856, il fait construire un moulin à farine à Bassin. Il est le représentant officiel des Îles de la Madeleine à la Convention nationale des milieux francophones qui a lieu à Québec le 24 juin 1880 et aux Conventions nationales acadiennes de 1881 et de 1884. L’abbé Charles-Nazaire Boudreau meurt à Havre-Aubert.
Texte rédigé ou colligé par Musée acadien du Québec
Charles Nazaire Boudreau ascendance

Lien acadien de la ville des Îles-de-la-Madeleine

Né à la fin du 19e siècle, mon grand-père, comme tous ses voisins, parle un français impeccable, venu tout droit de Port-Royal. Le message est direct, truffé d’humour et de mots marins. Il raconte la Déportation de 1755 et les multiples migrations qui suivent, comme son père les lui a racontées. Jusqu’à récemment, l’histoire des Acadiens par chez nous sent le tabac à pipe et s’écoute en 3D. Les manuels scolaires, eux, parlent des autres.

Les Îles-de-la-Madeleine sont d’abord une escale pour les navigateurs. Elles deviennent ensuite objet de convoitise, par la richesse des fonds de pêche et surtout, parce qu’on y trouve de grands troupeaux de morses. Ces Normands, Basques, Portugais, Britanniques et Bretons ne vivent pas ici : on hiberne tout au plus, dans des petits campements, chacun dans son île.

Il a fallu le Grand Dérangement pour que les premiers «Cadiens» s’installent dans l’archipel. En 1762, une vingtaine d’entre eux se font engager par un entrepreneur américain, le colonel Richard Gridley. Des Arseneau, Boudreau, Chiasson, Cormier, Desroches, Doucet, Gallant, Poirier…de l’Île Saint-Jean et du Cap Breton. Il régularise leur situation cinq ans plus tard, moyennant serment d’allégeance à la couronne d’Angleterre. Les premiers Madelinots, dont 17 Acadiens, vont obtenir le droit de rester, en signant d’un X.

Au début des années 1790, une génération plus tard, 250 autres Cadiens réfugiés à Miquelon prennent le large pour échapper à l’étau : d’un côté la flotte anglaise, de l’autre, la République française effroyable. L’abbé Jean-Baptiste Allain décide d’émigrer, accompagnés des Bourgeois, Cyr, Hébert, Leblanc, Thériault, Vigneau…Ils accostent au Havre Aubert, demandent au roi George III la permission de rester et se mêlent aux habitants, environ 150 personnes oubliées ici, des pêcheurs, réfugiés, naufragés, fuyards, survivants de ces années troubles, parlant français, anglais ou patois.

Le temps de le dire, tout ce beau monde est francisé par des mères acadiennes. Les pères ramassent dans leurs filets les airs lancinants des émigrés irlandais, les techniques de construction et le savoir-faire de nouveaux venus de la côte Est américaine ou des îles anglo-normandes. Et ils marient leurs filles. Les Madelinots peuvent se vanter même d’avoir assimilé quelques protestants !

Mon grand-père a cette formule quand on lui demande s’il est d’origine acadienne. Il répond : les «Cadiens» des Îles sont d’origine modeste.

En majorité, ils sont Acadiens d’origine, comme une appellation contrôlée, un mixage de bons fruits unis par le hasard des escales et d’un même mode de vie.


Texte rédigé ou colligé par Gabrielle Leblanc

Source

Jean-Charles Fortin et Paul Larocque, Histoire des Îles de la Madeleine. Institut québécois de recherche sur la culture.
Pauline Carbonneau, Découverte et peuplement des Iles de la Madeleine. Humanitas, 2009.



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