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Répertoire des régions acadiennes du Québec

l’Église de Saint-Pierre-de-La Vernière

Lieux d’intérêts

1329, chemin La Vernière
Îles-de-la-Madeleine - Îles de la Madeleine

Surnommée la cathédrale des Îles, l’église de Saint-Pierre-de-La Vernière est la deuxième plus grande église en bois de l’Amérique du Nord, la plus ancienne des Îles de la Madeleine et un joyau du patrimoine architectural de cette région. Elle surplombe le paysage de l’île du Cap aux Meules et sert d’important point de repère terrestre et maritime.
La construction, qui débute en 1872 sur un terrain cédé par Augustin Nadeau, se termine en 1881. La charpente est bâtie avec du bois provenant d’un navire naufragé et qui est scié au cours de l’hiver à l’occasion de corvées. De 1900 à 1903, l’église est considérablement agrandie. Le curé de la paroisse de l’époque, Jérémie Blaquière, souhaite en faire le plus grand temple catholique des Îles. Il dessine les plans et supervise les travaux. L’église prend la forme d’une croix latine. Le bâtiment est frappé par la foudre à quelques reprises et fait l’objet de fréquentes restaurations auxquelles de nombreux paroissiens contribuent bénévolement.
L’église est classée immeuble patrimonial par le ministère de la Culture et des Communications du Québec en 1992.
Texte rédigé ou colligé par Musée acadien du Québec

Lien acadien de la ville des Îles-de-la-Madeleine

Né à la fin du 19e siècle, mon grand-père, comme tous ses voisins, parle un français impeccable, venu tout droit de Port-Royal. Le message est direct, truffé d’humour et de mots marins. Il raconte la Déportation de 1755 et les multiples migrations qui suivent, comme son père les lui a racontées. Jusqu’à récemment, l’histoire des Acadiens par chez nous sent le tabac à pipe et s’écoute en 3D. Les manuels scolaires, eux, parlent des autres.

Les Îles-de-la-Madeleine sont d’abord une escale pour les navigateurs. Elles deviennent ensuite objet de convoitise, par la richesse des fonds de pêche et surtout, parce qu’on y trouve de grands troupeaux de morses. Ces Normands, Basques, Portugais, Britanniques et Bretons ne vivent pas ici : on hiberne tout au plus, dans des petits campements, chacun dans son île.

Il a fallu le Grand Dérangement pour que les premiers «Cadiens» s’installent dans l’archipel. En 1762, une vingtaine d’entre eux se font engager par un entrepreneur américain, le colonel Richard Gridley. Des Arseneau, Boudreau, Chiasson, Cormier, Desroches, Doucet, Gallant, Poirier…de l’Île Saint-Jean et du Cap Breton. Il régularise leur situation cinq ans plus tard, moyennant serment d’allégeance à la couronne d’Angleterre. Les premiers Madelinots, dont 17 Acadiens, vont obtenir le droit de rester, en signant d’un X.

Au début des années 1790, une génération plus tard, 250 autres Cadiens réfugiés à Miquelon prennent le large pour échapper à l’étau : d’un côté la flotte anglaise, de l’autre, la République française effroyable. L’abbé Jean-Baptiste Allain décide d’émigrer, accompagnés des Bourgeois, Cyr, Hébert, Leblanc, Thériault, Vigneau…Ils accostent au Havre Aubert, demandent au roi George III la permission de rester et se mêlent aux habitants, environ 150 personnes oubliées ici, des pêcheurs, réfugiés, naufragés, fuyards, survivants de ces années troubles, parlant français, anglais ou patois.

Le temps de le dire, tout ce beau monde est francisé par des mères acadiennes. Les pères ramassent dans leurs filets les airs lancinants des émigrés irlandais, les techniques de construction et le savoir-faire de nouveaux venus de la côte Est américaine ou des îles anglo-normandes. Et ils marient leurs filles. Les Madelinots peuvent se vanter même d’avoir assimilé quelques protestants !

Mon grand-père a cette formule quand on lui demande s’il est d’origine acadienne. Il répond : les «Cadiens» des Îles sont d’origine modeste.

En majorité, ils sont Acadiens d’origine, comme une appellation contrôlée, un mixage de bons fruits unis par le hasard des escales et d’un même mode de vie.


Texte rédigé ou colligé par Gabrielle Leblanc

Source

Jean-Charles Fortin et Paul Larocque, Histoire des Îles de la Madeleine. Institut québécois de recherche sur la culture.
Pauline Carbonneau, Découverte et peuplement des Iles de la Madeleine. Humanitas, 2009.



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