Nous joindre

Passionnés! Voilà le mot qui décrit le mieux notre équipe. Travaillant à faire de votre visite un passage inoubliable, ils placent le visiteur au cœur de leurs préoccupations.

En savoir plus...

Répertoire des régions acadiennes du Québec

La mi-carême à Natashquan

Événements

Natashquan - Duplessis

Cette coutume ancestrale nous a été transmise par les fondateurs de Natashquan, les émigrés acadiens des Îles-de-la-Madeleine. Située en plein milieu du carême, généralement en mars de chaque année, cette fête dure une semaine et se prépare pendant des mois.

Pour faire la mi-carême, on se déguise et on passe de maison en maison. Ceux qui accueillent les mi-carêmeux essaient de reconnaître (soit par les gestes, les yeux, les mains ou la voix… en essayant bien sûr de faire parler les gens) les visages cachés par les masques des personnages qui sont représentés.

«Chapeaux, bandeaux, fausses barbes et vêtements hétéroclites permettent aux uns et aux autres de “lâcher leur fou”. Le clergé tolère plus ou moins bien ces festivités païennes. En 1885, un évêque rigoriste, monseigneur François-Xavier Bossé, décide même de les interdire…heureusement sans succès!» (1)

Les mi-carêmeux de Natashquan ne s’en laissent pas imposer si facilement, et la fête continue!

«Néanmoins, les curés n’auront pas toujours une forte emprise sur leurs paroissiens, surtout lorsqu’ils œuvrent dans une collectivité indépendante d’esprit. Selon Bernard Landry, originaire de Natashquan, l’histoire nous révèle que la tradition n’a jamais été abandonnée pour autant, malgré les sévères mises en garde du clergé : “Au contraire, cette coutume très ancienne s’est précieusement conservée… et heureusement, car aujourd’hui, cette fête populaire n’existe presque plus ailleurs.”» (2)

Pendant plusieurs décennies, les déguisements consistent en un costume très simple et original. À partir des années 1950, l'originalité et la créativité du costume - le masque, l'exactitude de l'imitation ou encore la beauté de l'ensemble - sont autant de facteurs qui contribuent à ce que la mi-carême devienne une fête très populaire.

Depuis la fondation du village se poursuit cette belle et vieille tradition bien de chez nous! 

Texte rédigé ou colligé par Bernard Landry et le Musée acadien du Québec

Source

Pierre Frenette et Bernard Landry, « La vie, la mort et la fête », dans Natashquan… le goût du large, Nouvelles Éditions de l’Arc, 2005, p. 68.
Pierre Dunnigan et Francine Saint-Laurent, Mi-carême. Une fête québécoise à redécouvrir, Les 400 Coups, 2006, p. 64. 


La mi-carême
La mi-carême
La mi-carême

Lien acadien de la ville de Natashquan

Les misères et injustices auxquelles sont soumis les Madelinots, au XIXe siècle, expliquent leur migration vers de nouvelles terres.

En1855, une goélette nommée La Mouche, quitte les Iles-de-la-Madeleine, ayant à son bord une douzaine d’Acadiens de Havre-Aubert, dont des Cormier, des Vigneault et des Lapierre, et accoste dans la baie de Natashquan. L’année suivante, d’autres familles, dont des Landry, des Bourgeois et des Chiasson, les rejoignent. Ils sont accueillis par le peuple Innu, habitant déjà le territoire. La vie s’organise sur des bases d’échange et de bonne cohabitation. Par la suite, d’autres viendront les retrouver, si bien qu’en 1861, l’on compte à Natashquan 115 habitants. La construction de l’église Immaculée-Conception, en 1859-1861, permet aux premiers habitants de se doter d’un lieu de culte et de rassemblement.

À cette époque, c’est un endroit des plus avantageux pour la pêche. Les gens y vivent dans l’abondance et la situation des nouveaux arrivants s’est considérablement améliorée depuis leur départ des Îles-de-la-Madeleine. En 1881, on constate que la prospérité continue à régner, car la population s’est sensiblement accrue, passant à 480 personnes. Puisque cette augmentation ne peut pas être expliquée uniquement par l'accroissement naturel, on peut vraisemblablement conclure à la continuation des mouvements migratoires.

Cependant après 1881, les mauvais rendements de la pêche et de la chasse vont provoquer un revirement de la situation. À partir de l’automne 1886, plusieurs familles s’exilent de nouveau, prennent le chemin de la Beauce et fondent le village de St-Théophile. Ils passent du métier de pêcheur à celui de cultivateur. Cet exode va entrainer une diminution de presque la moitié de la population. Lorsque la situation de la pêche sera rétablie, plusieurs familles reviendront vers Natashquan.

La vie politique prend forme avec le premier conseil municipal élu en 1907. Petit à petit, l’instruction et les outils de communication s’organisent. C’est en 1923 que le premier avion atterrit à Natashquan. Avant cette date, les gens voyagent par bateaux pour aller vers d’autres villages. L’électricité arrive progressivement dans les foyers, en 1958, après la création de la première coopérative d’électricité. La télévision rejoint la radio dans les années 70, et le prolongement de la route 138, en 1996, achève de relier Natashquan au reste du Québec.

Le souvenir des pionniers acadiens se perpétue de différentes façons:

  • La vieille école, construite en 1913, abrite une exposition sur l’œuvre de Gilles Vigneault
  • Le site patrimonial des Galets est un lieu autrefois consacré aux activités de pêche
  • Le centre d’interprétation, Le Bord du Cap, met en valeur le patrimoine du village
  • La fête de la Mi-Carême y est encore soulignée


Texte rédigé ou colligé par Bernard Landry

Retour