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Les populations amérindiennes | La colonisation française de l'Acadie: Port-Royal, Autres établissements | L'Acadie est cédée à l'Angleterre: Le Traité d'Utrecht, La neutralité | La déportation des Acadiens | La fin de la guerre et le Traité de Paris | Population acadienne en 1763
Fondation de l'Acadie
Peuplée par des
populations amérindiennes, puis exploitée commercialement par les
pêcheurs Normands, Basques et Bretons, l'Acadie devient française
en 1605 avec la fondation de Port-Royal. Après une période de
conflit opposant deux puissances européennes, le territoire est cédé
à la Grande-Bretagne en 1713, date du traité d'Utrecht. Cette
décision politique n'affecte pas immédiatement la population qui
refuse toutefois de prêter un serment d'allégeance sans réserve au
roi et réclame la neutralité.
Déportation des Acadiens
Désirant établir
une colonie de peuplement et doutant de la loyauté des nouveaux
sujets britanniques, le lieutenant-gouverneur Charles Lawrence
décrète la déportation. De 1755 à 1763, 10 000 Acadiens prennent
le chemin de l'exil, la plupart en Nouvelle-Angleterre, d'autres vers
la France, et même l'Angleterre. 3 000 personnes cependant échappent
aux soldats britanniques.
Implantation acadienne au
Québec Suite au retour de la paix avec la signature du
Traité de Paris, certaines familles tentent de s'installer. On
compte le Québec parmi les foyers d'implantation, principalement la
Baie-des-Chaleurs et les Îles-de-la-Madeleine.
Les populations amérindiennes
Bien
avant l'arrivée des premiers Européens, les Maritimes sont occupées
par une population, de quelques milliers d'individus, composée par
les groupes micmacs, malécites et abénaquis. Ces derniers font tous
partie de la grande famille algique ou algonquienne. Ils occupent une
vaste étendue allant du nord des Grands Lacs jusqu'à la
Nouvelle-Angleterre. Ces autochtones vivent des ressources du
territoire en effectuant de plus ou moins longues migrations. Déjà
en contact avec les pêcheurs européens, les autochtones vont
établir des liens étroits avec les premiers colons français qui
accompagnent Samuel de Champlain (1567 ou 1570- 1635), Pierre du Gua
de Monts (1560?-1628?) et Jean de Biencourt de Poutrincourt
(1557-1615 )
La colonisation française
de l'Acadie Port-Royal
Désirant fonder un comptoir
commercial au nom du roi de France, Champlain et Poutrincourt
installent la colonie à l'Île Sainte-Croix. Cependant, après
l'hiver rude de 1604, on décide de transporter l'habitation
embryonnaire plus à l'abri des vents. En 1605, Port-Royal devient le
coeur de l'implantation française en Acadie. Avantagé par une
nourriture suffisante et de bonnes relations avec les Micmacs,
l'établissement prospère rapidement, et cela, malgré une situation
politique mouvante. En effet, Acadie pour les Français,
Nouvelle-Écosse pour les Anglais, le territoire est convoité par
les deux belligérants qui se disputent ses ressources et sa position
stratégique au plan militaire.
Autres établissements
Malgré
les changements de souveraineté qui caractérisent le XVIIe siècle,
la population entretient d'intenses relations commerciales avec le
Massachusetts. Cette facilité d'adaptation qui caractérise les
Acadiens assure une certaine cohésion sociale à la colonie qui
absorbe ainsi tous les nouveaux arrivants et les intègre dans les
réseaux familiaux.
Dans les années 1670-1680, quelques établissements sont fondés
à partir de Port-Royal : Chignectou en 1670, Beaubassin en 1672
et les Mines vers 1680. Entre 1671 et 1714, la population acadienne
passe de 400 à 2900 âmes.
L'Acadie est cédée à
l'Angleterre
Le Traité d'Utrecht
Ruinée
par la coûteuse guerre de Succession d'Espagne (1702-1713) qui
l'oppose à la Grande Alliance, la France doit céder une partie de
ses colonies. C'est le Traité d'Utrecht, signé le 16 avril 1713,
qui officialise le transfert du territoire acadien à la
Grande-Bretagne. Les Français conservent l'Île Saint-Jean
(aujourd'hui l'Île-du-Prince-Édouard), des droits sur le Cap-Breton
et sur le littoral nord de Terre-Neuve.
La neutralité
Pour les
colons, le traité garantit une paix relative même si la France
n'abandonne pas totalement ses revendications territoriales et
profite de l'imprécision des frontières. D'autres stipulations du
traité octroient aux Acadiens qui choisissent de rester la liberté
religieuse de manière indirecte ainsi que la possession légitime de
leurs terres. En retour, les habitants s'engagent à rester neutres
et à ne pas nuire à la couronne britannique, sans toutefois jurer
fidélité absolue. Tolérée pour un certain temps par les autorités
britanniques, cette situation pour le moins ambiguë perdure et
n'empêche pas la colonie de connaître sa période la plus prospère
(1730-1749).
La déportation des Acadiens
La
guerre de la Succession d'Autriche (1741-1748) ne trouble pas
vraiment les Acadiens toujours décidés à faire reconnaître leurs
droits. Comme le souligne Griffiths, « ironie du sort, la fin
de la guerre entre la France et la Grande-Bretagne en 1748 marqua
véritablement la fin de la paix pour les Acadiens. »
Jusque-là
gouvernement fantôme, les autorités coloniales durcissent leur
position et pressent les habitants de faire un serment d'allégeance
sans réserve. Leur intransigeance résulte à la fois de la place
grandissante qu'occupe la forteresse de Louisbourg et du désir de
fournir de bonnes terres aux colons anglais. En 1749, Halifax est
fondée pour contrecarrer la présence française, suivie d'une
expansion anglaise vers Grand-Pré, Pigiguit et Beaubassin. Pour leur
part, les autorités françaises tentent d'attirer les Acadiens vers
le Nouveau-Brunswick.
La situation s'envenime davantage avec
l'arrivée en poste de Charles Lawrence en 1754. Le nouveau
lieutenant-gouverneur se montre inflexible envers les sujets acadiens
et envisage la déportation. Le 3 juillet 1755, appuyé par son
conseil, Lawrence prend prétexte de la reprise de la guerre en
Amérique et du refus des délégués de prêter serment pour les
faire emprisonner en vue de leur déportation. Durant les mois qui
suivent, les soldats traquent et capturent des milliers de personnes,
puis procèdent à l'embarquement des prisonniers à partir du 10
septembre en direction des colonies américaines.
De 1755 à
1762, 10 000 Acadiens sont déportés. Les mauvaises conditions du
voyage entraînent la mort de plusieurs personnes. La situation des
survivants demeure précaire. La plupart sont à la charge de l'État
et ne trouvent pas un accueil favorable de la part d'une population
majoritairement anticatholique. D'autres sont embarqués en direction
de l'Angleterre et de la France. Dans le premier cas, on les installe
dans des entrepôts de Liverpool, Southampton, Falmouth et Bristol.
Dans le second, ils sont relocalisés et reçoivent une pension.
Cette mesure de la France obtient peu de succès puisque beaucoup
d'Acadiens préfèrent retourner en Amérique.
La fin de la guerre et le Traité de
Paris
La victoire de la Grande-Bretagne sur la France met
fin à la politique de déportation. Le Traité de Paris (1763)
confirme le nouveau statut des habitants. Maintenant sujets
britanniques, ils obtiennent la « liberté de religion »,
le droit de propriété et l'égalité commerciale.
Pour les
Acadiens, ces droits ne garantissent en rien le retour à la
situation initiale. Désormais minoritaire, leur influence se trouve
fortement diminuée. Des 3 000 qui avaient échappé aux soldats,
viennent se greffer un certain nombre d'exilés en provenance des
colonies américaines, de l'Angleterre, de la France et de ses
territoires.
Population acadienne en 1763
selon un recensement approximatif
Région : Population
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