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Répertoire des régions acadiennes du Québec

Musée de la Mer

Institutions

1023, route 199, chemin de La Grave
Îles-de-la-Madeleine - Îles de la Madeleine

www.museedelamer-im.com

Le Musée de la Mer est un musée d’histoire, surplombant un lieu profondément lié au patrimoine madelinot : La Grave. C'est là où l'histoire des Îles de la Madeleine commence.

Le musée raconte cette histoire et celle des insulaires. Il s'érige en sentinelle, tout comme un phare, sur cette route d'eau par laquelle pionniers et conquérants abordent le continent. Le musée présente les particularités d'une culture francophone acadienne, qui s'épanouit sur un archipel entouré des provinces maritimes majoritairement anglophones, au milieu du golfe Saint-Laurent.

Le musée se distingue par ses collections portant sur la pêche, la navigation, les naufrages et la vie quotidienne des Madelinots : pêcheurs, capitaines, marins, matelots, agriculteurs, maîtres et maîtresses d’école ou de poste, marchands, journaliers, infirmières ou docteurs.

Frédéric Landry, un passionné d’histoire et de muséologie, auteur de nombreux livres sur les Îles, est le fondateur du Musée de la Mer. Il y œuvre en tant que directeur général pendant près de 33 ans, de sa création en 1969 à 2001, année de sa retraite. Il décède le 28 mars 2012, après avoir assisté à l’inauguration de son « nouveau » Musée de la Mer, rénové et agrandi.

Le 30 juin 2013 marque le 40e anniversaire de l’implantation du Musée de la Mer en son lieu actuel, le Cap Gridley. Pour souligner l’événement : le dévoilement de la nouvelle exposition permanente VIVRE AUX ÎLES – VIVRE LES ÎLES. Elle traite de tous les aspects de l’histoire des Îles et de la vie des Madelinots, d’empremier à nos jours, sous l’angle identitaire de ce peuple maritime et insulaire, deux aspects indissociables de cette culture riche et de ce patrimoine vivant. L’exposition permanente met en lumière les collections du Musée de la Mer : plus de 5000 artéfacts et photographies anciennes qui racontent la vie dans les Îles, en plus des documents écrits, audiovisuels et cartographiques.

Texte rédigé ou colligé par Michelle Joannette et le Musée acadien du Québec
Père Frédéric Landry

Lien acadien de la ville des Îles-de-la-Madeleine

Né à la fin du 19e siècle, mon grand-père, comme tous ses voisins, parle un français impeccable, venu tout droit de Port-Royal. Le message est direct, truffé d’humour et de mots marins. Il raconte la Déportation de 1755 et les multiples migrations qui suivent, comme son père les lui a racontées. Jusqu’à récemment, l’histoire des Acadiens par chez nous sent le tabac à pipe et s’écoute en 3D. Les manuels scolaires, eux, parlent des autres.

Les Îles-de-la-Madeleine sont d’abord une escale pour les navigateurs. Elles deviennent ensuite objet de convoitise, par la richesse des fonds de pêche et surtout, parce qu’on y trouve de grands troupeaux de morses. Ces Normands, Basques, Portugais, Britanniques et Bretons ne vivent pas ici : on hiberne tout au plus, dans des petits campements, chacun dans son île.

Il a fallu le Grand Dérangement pour que les premiers «Cadiens» s’installent dans l’archipel. En 1762, une vingtaine d’entre eux se font engager par un entrepreneur américain, le colonel Richard Gridley. Des Arseneau, Boudreau, Chiasson, Cormier, Desroches, Doucet, Gallant, Poirier…de l’Île Saint-Jean et du Cap Breton. Il régularise leur situation cinq ans plus tard, moyennant serment d’allégeance à la couronne d’Angleterre. Les premiers Madelinots, dont 17 Acadiens, vont obtenir le droit de rester, en signant d’un X.

Au début des années 1790, une génération plus tard, 250 autres Cadiens réfugiés à Miquelon prennent le large pour échapper à l’étau : d’un côté la flotte anglaise, de l’autre, la République française effroyable. L’abbé Jean-Baptiste Allain décide d’émigrer, accompagnés des Bourgeois, Cyr, Hébert, Leblanc, Thériault, Vigneau…Ils accostent au Havre Aubert, demandent au roi George III la permission de rester et se mêlent aux habitants, environ 150 personnes oubliées ici, des pêcheurs, réfugiés, naufragés, fuyards, survivants de ces années troubles, parlant français, anglais ou patois.

Le temps de le dire, tout ce beau monde est francisé par des mères acadiennes. Les pères ramassent dans leurs filets les airs lancinants des émigrés irlandais, les techniques de construction et le savoir-faire de nouveaux venus de la côte Est américaine ou des îles anglo-normandes. Et ils marient leurs filles. Les Madelinots peuvent se vanter même d’avoir assimilé quelques protestants !

Mon grand-père a cette formule quand on lui demande s’il est d’origine acadienne. Il répond : les «Cadiens» des Îles sont d’origine modeste.

En majorité, ils sont Acadiens d’origine, comme une appellation contrôlée, un mixage de bons fruits unis par le hasard des escales et d’un même mode de vie.


Texte rédigé ou colligé par Gabrielle Leblanc

Source

Jean-Charles Fortin et Paul Larocque, Histoire des Îles de la Madeleine. Institut québécois de recherche sur la culture.
Pauline Carbonneau, Découverte et peuplement des Iles de la Madeleine. Humanitas, 2009.



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