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Répertoire des régions acadiennes du Québec

Petit Village des Acadiens

Lieux d’intérêts

Quartier Vieux-Moulin, Arrondissement Beauport, Québec
Québec - Québec

Le Petit Village des Acadiens est situé dans l’arrondissement de Beauport de la Ville de Québec. À ses débuts, il est borné au nord par le Chemin du petit Village, à l’est par l’avenue D’Estimauville, au sud par la rue Évangéline et à l’ouest par l’avenue Monseigneur Gosselin. La construction de l’autoroute 40 à la fin des années 1960 a comme conséquence de ramener les limites du Petit Village des Acadiens à la partie située au sud de l’autoroute.

À l’origine, ce territoire fait partie du Village de Giffard créé en 1912 et de la paroisse de Saint-Ignace-de-Loyola érigée en 1914. Il n’y a aucune construction jusqu’en 1918 lorsque les quatre frères Turbide (Albert, Eusèbe, Samuel et Stanislas), Acadiens originaires des Îles-de-la-Madeleine, s’y établissent. Albert Turbide est élu conseiller du district # 6 du Village de Giffard en février 1936.

D’autres familles acadiennes grossissent les rangs du Petit Village des Acadiens en 1921, dont Édouard Faullem, les Richard, les Jomphe, les Chevarie, les Chiasson et les Leblanc. De nouvelles rues apparaissent rapidement, et dès 1935 le conseil municipal de Giffard attribue les noms de rue Évangéline et L’Assomption (devenue Bouctouche en 2006 malgré l’opposition des résidants). L’avenue Turbide est ouverte en 1948.

Les frères Turbide et leurs compatriotes sont à l’origine de nombreuses constructions domiciliaires et du développement de ce territoire. Dans son album souvenir, monsieur Joseph-Albert Turbide fait état de 32 maisons et 70 foyers occupés par les Acadiens et leurs descendants.

En 1946, pour répondre aux besoins grandissants de la population écolière du secteur, une première classe est ouverte dans la maison de M. Eusèbe Turbide. Une deuxième classe est ouverte en 1951, et 1953 marque la construction de l’école L’Assomption comprenant 4 classes. Aujourd’hui, les locaux de cette école sont utilisés pour des services pré-scolaires et de garderie destinés aux élèves de l’école Marie-Renouard.

Le développement du quartier est florissant (280 familles en 1956). Suite aux démarches des habitants, l’archevêque de Québec émet un décret en février 1956 établissant une desserte (services d’une chapelle assurés par un prêtre) dans une salle de la nouvelle école Marie-Renouard. L’érection de la paroisse Notre-Dame de l’Espérance eut lieu 5 ans plus tard en 1961.

L’appellation " Petit Village des Acadiens " est couramment utilisée dans le langage populaire et par les habitants des alentours pour désigner ce quartier. Le terme " Faubourg des Acadiens " est apparu dans des documents plus officiels à partir de 1986.

En 2013, plusieurs descendants des premières familles acadiennes habitent encore le quartier et plusieurs constructions réalisées par les premières familles acadiennes existent toujours, même si elles ont été transformées ou modernisées. La présence acadienne y est toujours visible à travers la toponymie : rue Évangéline, avenue Turbide, avenue de Bouctouche (anciennement Avenue de l'Assomption), parc Évangéline, rue de la Sagouine, Place Évangéline et les Jardins Évangéline.


Texte rédigé ou colligé par Jacques Gaudet et le Musée acadien du Québec

Source

Joseph-Albert Turbide, Album souvenir du Petit Village des Acadiens, Paroisse Notre-Dame de l’Espérance, 2011
Notre-Dame de l’Espérance 1961-1986, album souvenir
Paroisse de Giffard, album souvenir 1914-1959
Histoire de raconter, le quartier Giffard, arrondissement de Beauport, 2007
Ville de Québec, répertoire des noms de rue


La fête Dieu en 1956
Maison de Stanislas Turbide et premier restaurant du quartier vers 1932
Étendue du Petit Village des Acadiens
Localisation du Petit Village des Acadiens

Lien acadien de la ville de Québec

Dès les débuts de la Nouvelle-France, des Acadiens viennent à Québec pour des raisons administratives, religieuses ou d’affaires. Ils sont peu nombreux à s’y établir. La ville, qui est le principal siège du gouvernement et un important port, attire militaires et hommes d'affaires. À partir de 1755, Québec devient un carrefour important, une sorte de plaque tournante pour les Acadiens.

De 1756 à 1759, quelque 2000 réfugiés acadiens arrivent sur des bateaux ou à pied à travers les bois pour échapper à la déportation. Mais la situation à Québec n’est guère reluisante. La ville est surpeuplée, les vivres manquent et la famine menace. La maladie frappe et plus de 300 Acadiens décèdent de la variole en 1757.

En 1759, les Britanniques bombardent Québec et la population doit être évacuée. Une partie des Acadiens restant dans la ville se réfugient en banlieue et dans la campagne environnante : Bellechasse, Beauce, Lotbinière, Charlevoix, Portneuf, etc. De nombreux Acadiens combattent aux côtés des Français durant la bataille des plaines d'Abraham le 13 septembre 1759, et celle de Sainte-Foy le 28 avril 1760.

En 1765, le général Murray offre des terres aux immigrants pour relancer l'économie affaiblie par la guerre. Informés de cette offre, les Acadiens au Massachusetts demandent de revenir au Canada. Murray accepte en stipulant qu’ils doivent le faire à leurs frais et prêter le serment d’allégeance à la couronne britannique. Québec devient alors le point d'arrivée ou de ralliement d’un important contingent d’Acadiens déportés. Ils veulent à tout prix quitter leurs lieux d’exil et commencer à reconstituer leurs familles dispersées.

Deux groupes en provenance du Massachusetts arrivent à Québec en 1766. D’autres suivront jusqu’en 1772. Mais la majorité des Acadiens qui arrivent à Québec repartent vers d'autres régions pour retrouver leurs familles et s’établir sur les terres disponibles.

Après l’adoption de l’Acte constitutionnel de 1791, de plus en plus d’Acadiens ont une influence certaine sur la ville de Québec. À titre d’exemple, Jean Boudreau est le premier Acadien à être élu à une assemblée législative en 1792; les députés Louis Bourdages, Auguste-Norbert Morin et Jean-Baptiste Hébert, actifs dans la première moitié du 19e siècle, sont d'ardents défenseurs de la démocratie et partisans de la Rébellion des Patriotes (1837-1838).

À la fin du 19e et au début du 20e siècle, nombreux sont les Acadiens des Maritimes, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine qui viennent à Québec pour chercher de l'emploi. Les prêtres Capucins, qui avaient œuvré en Acadie, accueillent à bras ouverts ces travailleurs à Limoilou qui devient le principal quartier acadien. Ils organisent à l'occasion de la Fête nationale de l'Acadie des rassemblements religieux, des défilés, etc. En 1929, la Société acadienne de Québec inc. publie un programme souvenir qui contient un historique de l’Acadie.

À partir de 1918, un « Petit Village des Acadiens » commence à se développer dans le secteur de Beauport.
 
Différentes associations, regroupant des Acadiens, voient le jour à Québec : Cercle d’Aulnay pour étudiants (1924), succursale de la Société l’Assomption (1929), Association des étudiants de Québec (1944), Association Québec-Acadie (1982-1992), Association acadienne de la région de Québec depuis1995, toujours en activité en 2013.
En 2002, un monument est érigé pour rendre hommage aux Acadiens et souligner l’importance du fait acadien sur le territoire de la région de Québec.


Source
  • Pierre-Maurice Hébert, Les Acadiens du Québec, Montréal: Éditions de L'Écho, 1994.
  • Bona Arsenault, Histoire des Acadiens, nouvelle édition avec une mise à jour de Pascal Alain, Éditions Fides, 2004


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