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Répertoire des régions acadiennes du Québec

Plaque commémorative d'Augustin-Norbert Morin

Lieux d’intérêts

73, rue D'Auteuil
Québec - Québec

Plaque à la mémoire d'Augustin-Norbert Morin*, avocat, journaliste, homme politique et premier ministre conjoint du Canada-Uni de 1851 à 1855. Il est né à La Durantaye (autrefois paroisse de Saint-Michel-de-Bellechasse), le 13 octobre 1803. Ses ancêtres Acadiens sont Pierre Morin dit Boucher et Marie Martin résidents d’abord de Port-Royal et par la suite de Beaubassin.

C’est en 1856 que le juge Augustin-Norbert Morin fait construire une maison en pierre à trois étages, selon les plans de l’architecte Charles Baillairgé. En 1860, le marchand Thomas Gibb acquiert la résidence. En 1876, Amelia Torrance, la veuve de Thomas Gibb, occupe les lieux avec son époux, le révérend William B. Clarke. La maison, inoccupée en 1890, est vendue l’année suivante au juge Adolphe-Basile Routhier. En 1920, la propriété est laissée à Angélique Routhier et vendue l’année suivante au notaire Joseph-Gérard Verreault. En 1943, l’édifice est divisé en huit logements selon les plans de l’architecte Charles-A. Jean. La maison fait partie du site patrimonial du Vieux-Québec, inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco.

La plaque commémorative est une réalisation conjointe de la Ville de Québec et de la Commission de la capitale nationale du Québec. Elle est située sur la façade de la maison du 73, rue D’Auteuil à Québec.

La plaque a été dévoilée le 28 mai 2009 notamment en présence de la conseillère municipale et membre du comité exécutif de la Ville de Québec, Denise Trudel, et de Jacques-Yvan Morin, ancien ministre et arrière-petit-neveu d'Augustin-Norbert Morin.

Le texte de la plaque commémorative se lit ainsi :

Augustin-Norbert Morin
1803-1865

Au cours des années 1850 vécut ici Augustin-Norbert Morin, né le 13 octobre 1803 à Saint-Michel-de-Bellechasse. Avocat, journaliste et homme politique, il fut tour à tour fondateur du journal La Minerve en 1826, orateur à l’Assemblée législative de la province du Canada de 1848 à 1851, puis chef du gouvernement de 1851 à 1855, conjointement avec Francis Hincks, puis Allan MacNab.

Fervent patriote, Augustin-Norbert Morin fut, avec Louis-Joseph Papineau, le principal rédacteur en 1834 des 92 Résolutions. Il consacra les dernières années de sa vie à la rédaction du Code civil du Bas-Canada, entré en vigueur un an après son décès à Sainte-Adèle le 27 juillet 1865.

COMMISSION DE LA CAPITALE NATIONALE DU QUÉBEC
VILLE DE QUÉBEC

* Voir sa biographie: http://www.museeacadien.com/augustin-norbert-morin

Texte rédigé ou colligé par Jacques Gaudet et le Musée acadien du Québec

Source
Commission de la Capitale nationale: www.capitale.gouv.qc.ca/
Répertoire du patrimoine culturel du Québec: www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/
Entrée de la maison du 73, rue D'Auteuil. Photo : Jacques Gaudet

Lien acadien de la ville de Québec

Dès les débuts de la Nouvelle-France, des Acadiens viennent à Québec pour des raisons administratives, religieuses ou d’affaires. Ils sont peu nombreux à s’y établir. La ville, qui est le principal siège du gouvernement et un important port, attire militaires et hommes d'affaires. À partir de 1755, Québec devient un carrefour important, une sorte de plaque tournante pour les Acadiens.

De 1756 à 1759, quelque 2000 réfugiés acadiens arrivent sur des bateaux ou à pied à travers les bois pour échapper à la déportation. Mais la situation à Québec n’est guère reluisante. La ville est surpeuplée, les vivres manquent et la famine menace. La maladie frappe et plus de 300 Acadiens décèdent de la variole en 1757.

En 1759, les Britanniques bombardent Québec et la population doit être évacuée. Une partie des Acadiens restant dans la ville se réfugient en banlieue et dans la campagne environnante : Bellechasse, Beauce, Lotbinière, Charlevoix, Portneuf, etc. De nombreux Acadiens combattent aux côtés des Français durant la bataille des plaines d'Abraham le 13 septembre 1759, et celle de Sainte-Foy le 28 avril 1760.

En 1765, le général Murray offre des terres aux immigrants pour relancer l'économie affaiblie par la guerre. Informés de cette offre, les Acadiens au Massachusetts demandent de revenir au Canada. Murray accepte en stipulant qu’ils doivent le faire à leurs frais et prêter le serment d’allégeance à la couronne britannique. Québec devient alors le point d'arrivée ou de ralliement d’un important contingent d’Acadiens déportés. Ils veulent à tout prix quitter leurs lieux d’exil et commencer à reconstituer leurs familles dispersées.

Deux groupes en provenance du Massachusetts arrivent à Québec en 1766. D’autres suivront jusqu’en 1772. Mais la majorité des Acadiens qui arrivent à Québec repartent vers d'autres régions pour retrouver leurs familles et s’établir sur les terres disponibles.

Après l’adoption de l’Acte constitutionnel de 1791, de plus en plus d’Acadiens ont une influence certaine sur la ville de Québec. À titre d’exemple, Jean Boudreau est le premier Acadien à être élu à une assemblée législative en 1792; les députés Louis Bourdages, Auguste-Norbert Morin et Jean-Baptiste Hébert, actifs dans la première moitié du 19e siècle, sont d'ardents défenseurs de la démocratie et partisans de la Rébellion des Patriotes (1837-1838).

À la fin du 19e et au début du 20e siècle, nombreux sont les Acadiens des Maritimes, de la Gaspésie et des Îles-de-la-Madeleine qui viennent à Québec pour chercher de l'emploi. Les prêtres Capucins, qui avaient œuvré en Acadie, accueillent à bras ouverts ces travailleurs à Limoilou qui devient le principal quartier acadien. Ils organisent à l'occasion de la Fête nationale de l'Acadie des rassemblements religieux, des défilés, etc. En 1929, la Société acadienne de Québec inc. publie un programme souvenir qui contient un historique de l’Acadie.

À partir de 1918, un « Petit Village des Acadiens » commence à se développer dans le secteur de Beauport.
 
Différentes associations, regroupant des Acadiens, voient le jour à Québec : Cercle d’Aulnay pour étudiants (1924), succursale de la Société l’Assomption (1929), Association des étudiants de Québec (1944), Association Québec-Acadie (1982-1992), Association acadienne de la région de Québec depuis1995, toujours en activité en 2013.
En 2002, un monument est érigé pour rendre hommage aux Acadiens et souligner l’importance du fait acadien sur le territoire de la région de Québec.


Source
  • Pierre-Maurice Hébert, Les Acadiens du Québec, Montréal: Éditions de L'Écho, 1994.
  • Bona Arsenault, Histoire des Acadiens, nouvelle édition avec une mise à jour de Pascal Alain, Éditions Fides, 2004


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